moana blues, Anne-Catherine Blanc


Prologue de MOANA BLUES
Moana.
Faute d’un meilleur synonyme, les Polynésiens interrogés traduisent le mot par « bleu ».                                                                                                                                                            
Moana, c’est le bleu absolu que prend l’océan lorsque le regard plonge vers les profondeurs sans se rassurer sur l’élan pailleté d’un banc de poissons,
l’éclat sourd d’une grappe de corail ou la masse sombre d’un tombant. Pour cette raison, moana désigne aussi l’abysse.
Moana, c’est le vertige sans fond qui s’ouvre au-delà du lagon, passé le récif barrière. Fascination liquide et dense,
attrait du fluide quand l’insondable lui confère une consistance et un volume propres.
Moana, c’est la matière bleue, à la fois aussi présente au plongeur que sa conscience
et aussi désespérément fuyante, aérienne et douloureuse.
Moana, c’est aussi le bleu du ciel dans sa plus grande profondeur, quand l’abîme et le zénith se regardent dans les yeux.
Plonger dans le bleu, c’est la petite mort, le renoncement à l’être.
C’est devenir soi-même, pour quelques instants d’éternité, onde traversée d’ondes, corps liquide et bleu.
Au-delà du moana le bleu devient noir. C’est ‘ere’ere, le bleu noir qui précède les ténèbres. ‘Ere’ere signifie aussi hématome.          
C’est la couleur des chairs meurtries, éclatées sous la pression, quand le gouffre recrache l’enveloppe.
Quand le plongeur s’est uni à l’océan en se fondant à la matière, enfin apaisé, lui-même liquide et bleu.

Moana, c’est aussi un prénom.

Résumé :
Moana, 16 ans s’est noyé. Paulot, son beau-père, erre dans la maison en deuil. Il se sent étranger aux coutumes et aux réactions des siens, ces îliens dont il a choisi de partager la vie sans jamais y parvenir tout à fait. Sans autorité sur le déroulement des funérailles, privé de sa plongée quotidienne dans l’océan – le Moana – il plonge en lui-même, affronte ses fantômes, ses doutes, ses remords pour finalement émerger de cette remise en question, purifié par la douleur qu’il ressent et la compassion qui l’entoure. Loin des clichés, un récit sur la confrontation des cultures, la
 difficulté d’être et l’accomplissement de soi.

Prix des étudiants de l’Université de la Polynésie française 2003

Pour commander ce livre :www.auventdesiles.pf/catalogue/collections/litterature/moana-blues/
 Critique du livre pour sa réédition à Tahiti :
www.tahiti-infos.com/Moana-une-plongee-dans-le-miroir-brise-de-l-ocean_a151487.html



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